Alors que le Parlement, émanation par excellence du peuple et garant de la démocratie dans notre pays a adopté la Loi pour l’égalité des chances contenant parmi beaucoup de mesures, la création du Contrat Première Embauche, CPE, destiné à favoriser le recrutement dans les entreprises de jeunes de moins de 26 ans en accordant aux employeurs une souplesse qu’ils réclament de longue date pour ajuster leur effectif au carnet de commande de leur entreprise, la contestation est née chez les étudiants !
De leur côté les syndicats inféodés aux partis de gauche ont saisi l’occasion de se refaire une santé à bon compte en comptabilisant à leur profit les manifestations dans lesquelles sont progressivement et scandaleusement entraînés les lycéens !
La légitime inquiétude sur l’avenir ressentie par notre jeunesse a ainsi été captée par des manipulateurs professionnels au service d’une opposition politique dont le seul but est de mettre en difficulté le Gouvernement. La gauche a été de longues années au pouvoir et n’a rien fait de sérieux pour lutter contre le chômage et notamment le chômage des jeunes.
En soutenant les quelque 150 000 à 250 000 jeunes qui défilent dans nos villes, elle oublie qu’il y a 2 300 000 étudiants dans notre pays dont la très grande majorité souhaite poursuivre normalement leurs études, préparer leurs examens pour se doter d’une formation reconnue qui leur ouvrira les portes de l’emploi.
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Je pense que les fractions d'extrème gauche font le lit, encore une fois, d'une partie de la droite la plus conservatrice et la plus rétrograde.
J'ai lancé un appel dernièrement pour les parties discutent ... enfin
(le 17 mars)
Appel pour un vrai dialogue entre les jeunes et le Gouvernement
L'erreur du gouvernement est d'avoir voulu passer en force sans discussion préalable avec les organisations étudiantes et syndicales
Aucune Nation ne peut durablement vivre sans miser sur sa jeunesse. C’est pourquoi, personne ne peut se réjouir de voir se creuser le fossé entre le Gouvernement et les jeunes.
Le pays vit actuellement une situation pré- insurrectionnelle inacceptable.
Je demande donc au gouvernement de renouer le contact avec la jeunesse de notre pays.
Pour aller au-delà de la crise du CPE, entre la démagogie d’une certaine gauche et l’autisme d’une certaine droite, il est urgent de reprendre l’offensive en proposant un nouveau pacte avec la jeunesse française.
Un pacte qui passe tout d’abord par le retrait des dispositions les plus choquantes des deux projets qui enflamment l’opinion.
Ainsi, si une simplification du droit du travail semble nécessaire pour inciter les employeurs à embaucher, je suis hostile au CPE car il supprime toute motivation du licenciement, revenant aux pratiques du XIX ème siècle.
Un débat sincère entre le Gouvernement les parlementaires et les syndicats, aurait sans aucun doute permis de trouver un compromis, évitant ainsi la colère de la rue.
De même, le Gouvernement a tort de vouloir imposer son projet de loi relatif aux droits des auteurs et droits voisins sur Internet (DADVSI).
Il faut donc écouter et comprendre les jeunes dans la rue qui sont inquiets pour leur avenir.
Il faut aussi proposer aux jeunes, qui ont voté massivement pour Jacques Chirac en 2002, un nouvel horizon car, pour leur transmettre le goût de l’effort et l’esprit de responsabilité, la Nation doit savoir fixer un cap et leur montrer le rôle qu’ils peuvent jouer pour l’atteindre.
En effet, contrairement à ce que l’on fait croire, les jeunes Français attendent un discours de vérité et d’action.
- Ils veulent un État qui fait respecter la loi pour qu’enfin une minorité de voyous ne puisse plus discréditer la très large majorité.
- Ils veulent un système éducatif qui instruise et offre des formations qualifiantes.
- Ils ont besoin de trouver un emploi, or ce n’est pas cette multitude de contrats, sorte de pansement, qui redonnera confiance aux jeunes, mais la relance de la croissance par une vraie politique économique (effort de recherche, incitation fiscale, réforme de la BCE, fermeté face à la concurrence déloyale).
Frédéric BOBARD
Debout La République 21
http://bobard.frederic.org
En tant que secrétaire académique du SNESup, je suis très satisfait de votre discours flatteur.
Que les étudiants soient solidaires des 50% de jeunes de leur âge qui n'entreront pas dans l'enseignement supérieur et seront de fait soumis au CPE est plutôt réjouissant : la solidarité ce n'est pas que les dons aux victimes du tsunami ou du sida, c'est aussi le souci du devenir des êtres proches.
Qu'ils soient en outre mis au courant de la précarité qui règne dans l'Université de Bourgogne (28% de personnels IATOSS précaires), et qu'ils fassent lien entre la précarité des personnels qu'ils côtoient et leur future situation de salariés n'a rien d'étonnant.
Que les doctorants ou les docteurs soient inquiets de leur avenir ne me surprend guère, puisqu'ils savent qu'avec le Pacte Recherche, la recherche par programmes crée plus de CDD (+3000 en 2006) que d'emplois permanents.
Quant aux étudiants harangués par des manipulateurs des syndicats inféodés aux partis de gauche, ils me paraissent bien plus adultes et bien plus intelligents que vous ne le pensez, et en tout cas bien peu aptes à se laisser influencer par des manoeuvres, quelles qu'elles soient. Et en particulier pas par celle du chef de l'Etat avec sa "loi promulguée non applicable". Et apparemment, ce n'est pas depuis les bancs du Sénat qu'on est le plus apte à vivre au plus près ce qui se passe réellement dans les AG des étudiants.
Quant aux factions d’extrême gauche, trotskystes, anarchistes et autres gauchistes, il vous manque encore quelques adjectifs pour être parfaitement caricatural : je vous suggère crypto-staliniens, archéo-khmers, immobilistes-jusqu'auboutistes, .... Cela fera plus sérieux.
Le rôle d'un élu est d'être aux côtés de ses électeurs, de les écouter lorsqu'ils expriment leur colère et leur refus d'une loi que lui-même a votée. La démocratie passe aussi par l'écoute en plus de passer par les urnes.
Le rôle d'un éducateur, puisque nous en sommes en tant qu'universitaire, est d'être aux côtés des étudiants qu'il forme et de s'inquiéter de son avenir professionnel à la sortie de l'université. Le CPE propose un avenir non radieux, donc nous le combattons.
La jeunesse qui actuellement défile par millions dans les rues forme l'électorat de 2007. Dans quel état d'esprit va t'elle se présenter dans les isoloirs ?